Un coeur ne déborde que lorsqu’il est plein

Les bienfaits de l’égoisme pour le sain cheminement de l’enfant à l’adulte

 

“Si je pense à moi je suis méchante !”: voilà la croyance qui m’apparaît, ici.

L’association se fait en moi entre “je pense à moi”, mouvement de l’enfant tout à fait naturel, explicable et “je suis méchante, je ne partage pas, c’est mal.”

Le mouvement naturel, spontané est qualifié de mauvais. “C’est mauvais, méchant, c’est mal d’être vivant. Le naturel, c’est égoïste.”

C’est parce que l’on accueille pleinement ce mouvement de vie naturel  que s’ouvre la possibilité de voir le partage comme un cadeau et non pas comme une privation. A partir de ce moment-là, partager devient heureux.

Si l’égoïsme n’est pas accueilli, le fait de partager est une privation, un refoulement, l’amputation d’un mouvement naturel.

Ce mouvement spontané dans l’enfance est étouffé et associé à un jugement de valeur qui entraîne la honte. Le partage est vécu comme une souffrance, alors qu’il peut être vécu comme un moment heureux de relation, de communion avec l’autre.

Ce n’est pas vécu de la même manière et pourtant c’est la même situation.

Le cheminement de l’enfant à l’adulte est : “Moi”, puis “Moi et l’Autre” et enfin “Nous”.

“Moi d’abord” est naturel. Si cette étape-là n’est pas pleine, si le cœur de l’enfant n’est pas nourri pleinement dans ce “Moi d’abord” et qu’il est contraint de passer à “l’Autre avant Moi”, il ne reste plus que l’Autre. Le “Nous” n’est donc pas accessible.

Et donc si Moi n’est pas reconnu, il s’efface contraint.

“Nous” c’est “Toi et Moi”, s’il manque “Moi”, “Nous” ne peut exister. Dans ce cas, iI n’y a que “Toi”, car “Moi” s’écrase.

Pour arriver à Nous, il faut que Moi et Toi existent pleinement.

Il est donc essentiel de se nourrir complètement avant de partager avec l’autre pour qu’ainsi le “Nous” puisse vivre librement.

Quand je suis rassasié, me sentant sécurisé, je partage pleinement.

Cesar, (extrait d’entretien), Faverolles, le 21 janvier 2020