Branches d’un même arbre

S’installer au cœur de l’instant présent, comme prendre un petit banc à poser en soi et s’asseoir dessus. C’est une manière simple d’entrer dans la posture de méditation en abandonnant alors toute idée de but, toute idée de résultat, toute volonté. L’état d’esprit en méditation est celui du non-vouloir absolu, y compris de ne pas vouloir le fait de ne rien vouloir.

Prendre le temps de se poser tranquillement au cœur de Soi. Être comme figé, ne plus pouvoir rien à rien et laisser faire. Ne rien attendre de ce qui va suivre. Goûter pleinement ce qui est là, maintenant, dans l’instant : tout ce qui se présente à soi et en soi est libre. Ne reste que la présence consciente.État de lâcher-prise complet.

La vie est ce qu’elle est. Des lois sont à l’œuvre dans l’univers qu’il s’agisse de l’univers extérieur ou intérieur à moi. Alors se laisser porter, se libérer de toute attente future, de tout désir de changement et ralentir car rien n’est demandé, rien n’est à faire.

Poser l’attention sur la respiration et observer le mouvement naturel, la fréquence, l’amplitude. Chacune des cellules respire en même temps en une même respiration. L’énergie qui anime la respiration, anime la respiration de tous les êtres en même temps et à chaque instant. Quand je respire, c’est tout l’univers qui respire en même temps. Nous sommes liés au cœur de la respiration. Quel que soit la localisation sur terre et dans l’univers, une même énergie, une même source, une même racine.

Lorsqu’une graine se transforme en un arbre majestueux, quelle que soit la branche, où qu’elle soit située, elle partage la même racine que la branche d’à côté. Même si elles sont différentes, elles sont de même origine, elles sont le même arbre. Quand l’arbre respire, toutes les branches respirent en même temps car en réalité il n’y a que l’arbre.

Question : Se regarder les uns les autres pour voir nos différences, voir ce qui nous sépare ou voir ce qui en nous est identique, ce qui nous rassemble, ce qui nous définit ? Voir enfin que nous sommes semblables, de même origine, une seule et unique nature, une seule et même respiration.

A la fois les mêmes et en même temps différents.

A la fois vagues et océan.

A la fois ordinaires et extraordinaires.Tout en Soi respire et tout l’univers respire en même temps. Nous sommes tous les différentes branches d’un même arbre. Nous sommes le même arbre. C’est notre véritable nature, une, indivisible, inaltérable.

Alors voir ce qui unit ou ce qui divise ?

Apprendre à méditer

Toute la question est là : peut-on vous enseigner la méditation ?

Peut-on découvrir ce qu’est la méditation, y a t-il quelque chose à savoir pour méditer ? Apprendre vous met dans la posture d’accumuler du savoir pour une utilisation ultérieure et en particulier du savoir-faire. L’observation permet de conclure que les enseignements ont habituellement consisté à retenir en mémoire, parfois sans compréhension. Il y a confiance en ce qui est enseigné, mais cela ne peut fonctionner avec la méditation qui signifie lâcher prise, laisser faire et non-accumulation.

Personne ne peut vous apprendre à méditer.

Vous pouvez être guidés sur le chemin de la connaissance, mais vous avez à découvrir ce qu’est méditation, car il s’agit de vous-même. Soyez assurés que vous ne pouvez pas rater une méditation, car il n’est nulle question de réussite ou d’échec, il s’agit d’être là, consciemment et d’observer.


Méditation commence quand toute volonté personnelle s’efface, y compris la volonté de ne pas avoir de volonté,
quand vous abandonnez pleinement et complètement toute idée d’objectif, de résultat, d’expérience ou de renouvellement d’expérience. Juste goûter le bonheur d’être dans cet état particulier de non-vouloir. Méditation, c’est vivre dans l’instant, c’est la fraîcheur de l’instant, l’instantané. C’est découvrir un espace où chaque instant est vécu comme nouveau, où chaque rencontre est unique. Méditation, c’est l’observation du flot de la vie sans vouloir le capturer.


La méditation consiste
donc en un SAVOIRÊTRE en conscience. Dans cette présence à soi ; en revenant à la conscience d’être là. Au début, c‘est un outil qui définit un espace déterminé où des conditions particulières sont réunies pour s’entraîner à la conscience d’être là.

Avec la régularité quotidienne, ce rendez-vous intime transforme l’existence et cet outil devient un ART DE VIVRE pour prendre conscience de ce que l’on est dans tout ce que l’on fait.

Voir cette danse entre le monde intérieur et le monde extérieur, voir comment l’extérieur influence l’intérieur et l’intérieur fait bouger la perception de l’extérieur (et en particulier la relation à l’autre) est un privilège. Cet art de vivre infuse peu à peu et remplit les journées jusqu‘au moment où cela bascule pour devenir un ÉTAT D’ÊTRE permanent, où il n’y a plus que conscience. Cela conduit à la disparition de tous les troubles, de toutes les pensées, du questionnement, de la peur, du stress.

Il s’agit de dévoiler son être, en passant de l’ombre à la lumière, de l’inconscience à la conscience, de l’ignorance de ce que lon fait, à la connaissance de ce que l’on Est, en toutes circonstances, en tous lieux et à tout moment.

Graines de vie

Semblable à un nuage qui se laisse porter par le vent, laissez-vous porter par la vie au cœur du moment présent, là où la vie s’exprime dans le multiple, ici et maintenant.

Vous pouvez en avoir conscience car cette infinie diversité apparaît en vous, en ce que vous êtes au niveau physique, émotionnel et mental… et au cœur de l’infinie diversité de la manifestation, il y a toujours les paires d’opposés, la dualité.

Observons par exemple que la vie est une succession de tensions et de détentes. Par le mouvement naturel de la respiration, vous pouvez déjà prendre conscience des sensations, des mouvements, de l’enchaînement des contractions et décontractions dans le corps. Autre exemple, quand vous marchez, il y a des muscles qui se tendent, mais pour que la marche ait lieu, d’autres muscles doivent se détendre. Si tous les muscles sont tendus ou détendus en même temps, la marche n’est pas possible. Observez.

C’est également le cas de la graine qui germe. Il y a un premier état de tension intérieure car le germe gonfle, se déploie, essaye de prendre sa place. Il y a expansion. Le potentiel intérieur arrive à un maximum, puis il y a détente, libération. L’enveloppe extérieure se fend, s’ouvre. Il y a croissance. Et à nouveau, au cœur de cet organisme vivant, pour chaque feuille, chaque fleur, chaque élément de croissance, il y a des points de tension qui lorsqu’ils sont dépassés, conduisent à la détente.

La vie, dans son infinie diversité, est une succession de tensions et de relâchements.

Il en est de même pour vous.

Il en est de même pour les corps physique, émotionnel et mental.

Il vous est possible d’observer cette succession de contractions et décontractions sans pour autant vous identifier à cela.

Ce sont des cycles avec des allers-retours, comme un balancier qui oscille entre des points hauts et des points bas. Quand la tension atteint un point haut, elle tend alors vers un point bas. Quand la détente atteint un point bas, elle chemine alors vers un point haut.

La manifestation est faite de déséquilibres permanents, de changements. Rien n’est stable. Rien n’est définitif.

La seule chose qui le soit, c’est l’espace dans lequel tout cela apparaît et cet espace, c’est ce que vous êtes en réalité, en vérité.

Vous êtes l’océan au cœur duquel prennent forme les vagues dans sa manifestation instantanée.

Vous êtes l’écran de cinéma sur lequel prend forme le film de la vie, avec ses hauts, ses bas, ses périodes de contraintes, ses périodes de détente.

Vous êtes l’écran sur lequel apparaît tout ce monde changeant, ce monde de dualité où l’incroyable diversité prend vie.

Quel que soit le contenu d’une situation, quelle soit tendue ou détendue, elle est transitoire, temporaire, fruit de l’infinie diversité de la vie.

Le changement apparaît au cœur de ce qui ne change jamais.

La contrainte n’est qu’un état transitoire.