Graines de vie

Semblable à un nuage qui se laisse porter par le vent, laissez-vous porter par la vie au cœur du moment présent, là où la vie s’exprime dans le multiple, ici et maintenant.

Vous pouvez en avoir conscience car cette infinie diversité apparaît en vous, en ce que vous êtes au niveau physique, émotionnel et mental… et au cœur de l’infinie diversité de la manifestation, il y a toujours les paires d’opposés, la dualité.

Observons par exemple que la vie est une succession de tensions et de détentes. Par le mouvement naturel de la respiration, vous pouvez déjà prendre conscience des sensations, des mouvements, de l’enchaînement des contractions et décontractions dans le corps. Autre exemple, quand vous marchez, il y a des muscles qui se tendent, mais pour que la marche ait lieu, d’autres muscles doivent se détendre. Si tous les muscles sont tendus ou détendus en même temps, la marche n’est pas possible. Observez.

C’est également le cas de la graine qui germe. Il y a un premier état de tension intérieure car le germe gonfle, se déploie, essaye de prendre sa place. Il y a expansion. Le potentiel intérieur arrive à un maximum, puis il y a détente, libération. L’enveloppe extérieure se fend, s’ouvre. Il y a croissance. Et à nouveau, au cœur de cet organisme vivant, pour chaque feuille, chaque fleur, chaque élément de croissance, il y a des points de tension qui lorsqu’ils sont dépassés, conduisent à la détente.

La vie, dans son infinie diversité, est une succession de tensions et de relâchements.

Il en est de même pour vous.

Il en est de même pour les corps physique, émotionnel et mental.

Il vous est possible d’observer cette succession de contractions et décontractions sans pour autant vous identifier à cela.

Ce sont des cycles avec des allers-retours, comme un balancier qui oscille entre des points hauts et des points bas. Quand la tension atteint un point haut, elle tend alors vers un point bas. Quand la détente atteint un point bas, elle chemine alors vers un point haut.

La manifestation est faite de déséquilibres permanents, de changements. Rien n’est stable. Rien n’est définitif.

La seule chose qui le soit, c’est l’espace dans lequel tout cela apparaît et cet espace, c’est ce que vous êtes en réalité, en vérité.

Vous êtes l’océan au cœur duquel prennent forme les vagues dans sa manifestation instantanée.

Vous êtes l’écran de cinéma sur lequel prend forme le film de la vie, avec ses hauts, ses bas, ses périodes de contraintes, ses périodes de détente.

Vous êtes l’écran sur lequel apparaît tout ce monde changeant, ce monde de dualité où l’incroyable diversité prend vie.

Quel que soit le contenu d’une situation, quelle soit tendue ou détendue, elle est transitoire, temporaire, fruit de l’infinie diversité de la vie.

Le changement apparaît au cœur de ce qui ne change jamais.

La contrainte n’est qu’un état transitoire.

Le mental est un refuge

Pour commencer cette méditation, oubliez tout ce que vous savez, abandonnez toute mémoire.

Ayez l’intention intérieure d’être là, au contact de ce que vous êtes, dans l’instant. Laissez vibrer ce qui va vibrer. Laissez infuser, sans chercher à comprendre, il s’agit simplement d’être libre de toute volonté au cœur de ce que produit la vie dans l’instant. Considérez ceci comme votre première méditation.

Ne faites pas de la méditation un refuge, où vous essayez de vous extraire du monde, de vous extraire de la vie. Vivre, c’est descendre au cœur de ce qui est et participer y pleinement. Donc méditer n’est pas s’extraire du monde, mais au contraire d’en être conscient, s’entraîner à être avec le monde et en particulier, à être au contact du monde intérieur.

Avec la répétition de ce que vous pouvez y découvrir comme détente ou évasion, ou pour faire face à des situations difficiles, la méditation peut vite devenir un refuge, un objet mental. Le mental est un refuge pour la peur de vivre dans la mesure où il crée un monde parallèle où tout est mieux, tout pourrait être mieux, tout devrait être mieux. Où ce qui est bon doit continuer, ce qui est mauvais doit s’arrêter. Voudriez-vous vivre la moitié de votre vie seulement ? Voulez-vous la vérité de ce qui est, ou le mensonge de ce qui pourrait être ?

Observez le mécanisme : quand la réalité ou la vérité est insoutenable ou difficile à vivre et que le mental propose un monde parallèle, vous vous laissez attirer par les pensées : vous vous réfugiez dans le mental. Le mental est une grotte au coeur de laquelle la lumière conscience a disparu, seule règne l’inconscience de ce qui pourrait être, de ce qui devrait être, et au coeur de laquelle ce qui EST n’existe pas. Ce qui pourrait être EST une illusion et vous mène à un bien-être temporaire basé sur cette illusion.

Le mental est un cocon où l’on se retire quand la peur de vivre est là. Mais vous êtes bien vivant, sensible et vous êtes là pour vivre pleinement cette vie dans tous ses aspects agréables et désagréables, favorables et défavorables. Vivez la totalité de ce qui vous arrive, en ce qui est… et pour vivre, il faut oser prendre le risque de souffrir, d’affronter ce qui nous paraît difficile. Prendre le risque de goûter la vie telle qu’elle est. Ne plongez pas dans la facilité. Descendez dans la vie.

Toute situation se présente comme un obstacle, mais aussi comme une opportunité. Faites de la méditation tout d’abord un outil pour vous entraîner à être présent à vous-même et au monde, un outil qui vous permet d’essayer d’abandonner toute volonté personnelle et laissez-vous faire. Faites-en un terrain de jeux, un terrain d’expérimentation et de liberté au coeur duquel vous essayez de ne pas vous réfugier dans les pensées, ni dans le mental. Entraînez-vous à observer et voir tout ce que propose le mental, tout ce qu’il suggère comme hypothèses de ce qui « pourrait être » et autant que possible, ne le suivez pas.

Battez-vous pour rester au coeur de la vie telle qu’elle est. Laissez-vous surprendre, laissez-vous toucher. Abordez véritablement la méditation sans but. Ne faites pas de la méditation un subterfuge pour fuir la vie ou pour retrouver un cocon, car dans ce cas là, c’est encore le mental qui est à l’œuvre. Le mental ne peut pas vous apporter la sécurité définitive. Prenez conscience de ce qui se joue.

Cesar (extrait de méditation guidée)

Par amour de la vérité

L’amour mène à la réalisation de la vérité. La vérité mène à la paix.

Dans cet espace que l’on nomme méditation, adoptez la position de spectateur invité à observer le grand spectacle de la vie. Si un phénomène se présente, quel qu’il soit, dites OUI à ce qui est là. Entrez dans la danse et laissez-vous porter consciemment.

Par amour de la vérité, posez un regard doux et aimant sur vous-même et abandonnez tout désir, toute envie de compréhension ou de changement pour développer l’intention d’aimer tout ce qui se présente à vous et en vous.

Si vous êtes en chemin, cherchant à découvrir le silence intérieur, la paix définitive, ce qui en vous est éternel, faites-le par amour de la vérité. Cette voie vous promet le bonheur définitif, la détente, la fin du questionnement et de toutes peurs.

Voulez-vous vraiment découvrir ce que vous êtes en vérité ? Pourquoi vous fonctionnez comme ceci ? Qu’est ce qui fait que vous réagissez à cela ?

Alors entreprenez cette quête par amour, l’amour vous mènera à la vérité et la vérité vous sauvera.

Voulez-vous vraiment connaître ce qui est au-delà de toute imagination, au delà de tout concept, au delà de tous les mots ?

Voulez-vous connaître le feu d’artifice permanent ?

Si tel est le cas, si c’est votre perspective, alors quoi que vous fassiez, faites-le par amour de la vérité.

Pouvez-vous vous aimer tel(le) que vous êtes, avec vos contradictions, vos forces et vos faiblesses, avec ce que vous savez et ne savez pas ?


C’est lorsque vous ne voulez plus rien d’autre que la vérité : ce qui Est ; lorsque que ce feu ardent brûle en vous et que vous faites tout par amour, alors seulement dans ces conditions là, le chemin s’affine et vous approchez du joyau, de la terre promise.

Cesar (extrait de méditation guidée)